RENTRÉE SCOLAIRE : LES PARENTS FACE AU POIDS DES « FAUX FRAIS »

À quelques jours de la rentrée scolaire 2026-2027, les parents d’élèves se préparent à affronter une nouvelle série de dépenses : frais de scolarité, fournitures, uniformes, transport, cantine, assurances et autres charges indispensables. Mais à ces dépenses prévisibles viennent souvent s’ajouter des « faux frais » qui alourdissent considérablement la facture : réinscription, photocopies, renforcement, supports pédagogiques, activités diverses et contributions parfois annoncées au cours de l’année.Pour de nombreuses familles, cette accumulation devient difficile à supporter. Le problème n’est pas nécessairement que toutes ces dépenses soient injustifiées. Une école privée a des charges et doit disposer de moyens pour fonctionner. La véritable question est celle de la transparence, de la justification et de l’encadrement de ces frais.Un parent peut comprendre qu’une école ait besoin de photocopier des documents ou d’organiser des séances de renforcement. Mais il est légitime qu’il sache, dès le départ, ce qu’il devra réellement payer pendant l’année. Lorsque de nouveaux frais apparaissent progressivement, sans explication suffisamment claire, le sentiment d’être pris au piège peut rapidement s’installer.La réinscription constitue notamment un sujet de préoccupation pour certaines familles. Après avoir payé les frais de scolarité et supporté les nombreuses dépenses de l’année écoulée, le parent doit parfois encore verser une somme pour confirmer la place de son enfant. À cela peuvent s’ajouter les photocopies, les supports pédagogiques ou encore les frais de renforcement. Pris séparément, ces montants peuvent paraître modestes. Additionnés, ils représentent une charge importante, particulièrement pour les familles ayant plusieurs enfants.Face à cette situation, une question revient avec insistance : où est l’État ?L’argument selon lequel l’enseignement privé relève d’une activité commerciale et que le gouvernement ne doit donc pas s’immiscer dans la fixation des tarifs mérite d’être nuancé. Certes, une école privée est une entreprise qui doit équilibrer ses comptes, rémunérer son personnel, entretenir ses infrastructures et investir. Mais elle exerce aussi une mission qui touche directement à l’intérêt général : l’éducation des enfants.L’État n’a peut-être pas vocation à fixer le prix de chaque prestation d’une école privée. Mais cela signifie-t-il pour autant qu’il doit laisser les établissements faire tout ce qu’ils veulent ?La réponse devrait être clairement non.Réguler ne signifie pas étouffer le secteur privé. Il s’agit plutôt de garantir des règles du jeu équitables. Les établissements pourraient notamment être tenus de communiquer clairement, avant l’inscription, l’ensemble des frais obligatoires prévisibles. Les contributions facultatives devraient être clairement identifiées comme telles et les frais supplémentaires devraient pouvoir être justifiés.Le parent d’élève ne doit pas être considéré uniquement comme un payeur. Il est aussi un partenaire de l’école et, surtout, un citoyen qui a droit à une information claire.Le gouvernement doit donc davantage écouter les préoccupations des familles. La liberté d’entreprendre doit être protégée, mais elle ne saurait justifier l’opacité ou les pratiques abusives. Dans plusieurs secteurs économiques, l’État intervient pour protéger les consommateurs. Pourquoi l’éducation privée devrait-elle être totalement différente ?Il ne s’agit pas de mettre toutes les écoles privées dans le même panier. Beaucoup d’établissements font un travail remarquable et contribuent fortement à l’éducation au Bénin. Mais un secteur sérieux a justement besoin de règles claires pour se protéger contre les pratiques qui pourraient nuire à sa crédibilité.À l’approche de cette nouvelle rentrée, les parents attendent donc davantage de transparence et de protection. Ils ne demandent pas forcément que l’État impose les prix des écoles privées. Ils demandent simplement que les règles soient claires, que les frais soient justifiés et que personne ne puisse profiter de leur obligation de scolariser leurs enfants.
La liberté du secteur privé, oui. Le laisser-faire, non
L’éducation n’est pas une marchandise ordinaire. Derrière chaque frais scolaire se trouve une famille qui doit faire face à ses responsabilités, parfois avec des moyens limités. L’État ne peut donc pas rester spectateur lorsque l’accumulation des charges finit par étrangler les parents.La rentrée scolaire doit rester un rendez-vous de l’espoir et de l’avenir, et non devenir chaque année une nouvelle épreuve financière pour les familles.
Christophe AGON




