Politique

RÉFORMES AU BÉNIN : L’ÉTONNANTE CONTINUITÉ DE LA VISION WADAGNI

À voir s’enchaîner les réformes et les nouvelles orientations depuis son accession à la présidence, une impression se dégage : Romuald Wadagni semble avoir une vision claire de la transformation de l’État béninois. Au point de se demander si une partie de cette architecture n’a pas été mûrie au cours des dix années passées au cœur de l’appareil gouvernemental.Ministre de l’Économie et des Finances pendant une décennie avant son élection à la magistrature suprême en 2026, le nouveau président connaît de l’intérieur les mécanismes de l’État, ses contraintes et ses leviers d’action. Cette longue expérience peut éclairer la cohérence apparente de plusieurs réformes aujourd’hui engagées.L’État au plus près des territoiresLa réforme des pôles territoriaux en constitue une illustration. Présentée le 23 septembre 2026, elle prévoit six pôles dirigés par des Délégués généraux appelés à résider dans leurs territoires et à suivre directement la mise en œuvre des politiques publiques.Le principe est simple : rapprocher davantage l’État des populations et faire du terrain le véritable espace d’action publique. Les Délégués généraux ne devraient rejoindre Cotonou que pour certaines réunions, notamment le Conseil des ministres, avant de retourner sur le terrain.Cette nouvelle organisation traduit une volonté de rompre avec une administration trop concentrée dans la capitale.

Une réforme qui dépasse les pôles

La dynamique touche également plusieurs autres secteurs : réforme du droit, régulation du système sanitaire, développement des services de proximité, électrification rurale, agriculture et transformation numérique.Pris séparément, ces chantiers peuvent apparaître comme des décisions sectorielles. Mais mis bout à bout, ils donnent l’image d’une volonté plus large de réorganiser l’action publique et d’améliorer son efficacité.

Dix ans pour observer, aujourd’hui pour transformer

L’idée selon laquelle « tout aurait été préparé depuis dix ans » doit évidemment être maniée avec prudence. Rien ne permet d’affirmer que les réformes actuelles avaient toutes été conçues à l’avance.Une réalité demeure cependant : Romuald Wadagni a passé dix années au sommet de l’administration économique béninoise avant de devenir président. Cette expérience lui a donné une connaissance approfondie des rouages de l’État et des défis auxquels le pays est confronté.C’est peut-être ce qui explique cette impression de continuité et de cohérence qui accompagne aujourd’hui ses premières grandes orientations.Reste désormais à voir si cette vision annoncée produira, dans les prochains mois et prochaines années, des résultats concrets dans la vie quotidienne des Béninois. Car au-delà des réformes et des discours, c’est bien leur impact sur le terrain qui permettra d’en mesurer la portée.

Christophe AGON

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