ASSURANCE DES MOTOS ET TRICYCLES : ET SI L’OBLIGATION DEVENAIT LA RÈGLE ?

Au Bénin, difficile d’imaginer la circulation quotidienne sans les motos. De Cotonou à Porto-Novo, en passant par Abomey-Calavi, Parakou ou les autres grandes villes du pays, les deux-roues sont devenus un moyen de déplacement essentiel pour des milliers de citoyens.Ils permettent d’aller au travail, de transporter des marchandises, de se déplacer rapidement et constituent également une importante source de revenus pour de nombreuses familles. Les conducteurs de taxi-moto, communément appelés « zémidjans », occupent notamment une place particulière dans le système de transport urbain béninois.Mais cette forte présence des motos sur les routes s’accompagne aussi d’un autre constat : les accidents impliquant des motos et des tricycles sont une réalité quotidienne sur les axes béninois.Derrière chaque accident, il y a pourtant bien plus qu’une moto endommagée ou quelques blessures. Il peut y avoir une famille confrontée à des frais médicaux, un travailleur temporairement privé de revenus, un enfant ou un parent qui doit être pris en charge, voire une victime qui conserve des séquelles à long terme.
Et si l’assurance devenait un véritable réflexe ?
Dans ce contexte, une question mérite d’être posée avec insistance : et si l’assurance des motos et des tricycles devenait véritablement incontournable au Bénin ?Le principe de l’assurance automobile obligatoire existe déjà dans le pays. Mais sur le terrain, la question est aussi celle de l’effectivité de la couverture des engins qui circulent quotidiennement.Lorsqu’un accident survient, l’absence de couverture ou une assurance inadaptée peut compliquer considérablement l’indemnisation des victimes. Celles-ci peuvent alors se retrouver seules face aux conséquences financières de l’accident.Pour un conducteur ou un propriétaire de moto, souscrire à une assurance peut parfois être perçu comme une dépense supplémentaire. Pour la victime d’un accident, en revanche, une assurance effectivement mobilisable peut représenter une protection essentielle.
Les tricycles, un nouvel enjeu
Le débat ne concerne pas uniquement les motos.Les tricycles, de plus en plus visibles dans les activités de transport et de livraison, doivent également être intégrés à la réflexion. Leur multiplication dans les villes et sur les axes routiers pose de nouvelles questions en matière de responsabilité, de sécurité et d’indemnisation.L’enjeu est donc de construire un système dans lequel chaque engin motorisé circulant sur la voie publique puisse être clairement identifié, assuré et contrôlé.
Assurer, mais aussi rendre l’assurance accessible
Rendre l’assurance obligatoire ne suffira toutefois pas à résoudre le problème.Il faudra également s’interroger sur le coût des contrats, la simplicité des procédures, l’information des conducteurs et la rapidité des indemnisations. Une assurance obligatoire qui serait trop coûteuse ou difficile d’accès risquerait de rester, pour certains usagers, une obligation essentiellement théorique.La sensibilisation doit également accompagner les contrôles. Les conducteurs doivent connaître leurs obligations, mais aussi comprendre ce que leur assurance peut concrètement couvrir en cas d’accident.
Protéger les victimes avant tout
Au Bénin, où la moto reste un outil indispensable de mobilité et de travail, le débat sur l’assurance ne devrait donc pas être présenté comme une simple question de documents à avoir sur soi.Il s’agit avant tout de protection des personnes.Le conducteur doit être protégé. Le passager doit être protégé. Le piéton renversé doit pouvoir faire valoir ses droits. Et les familles qui se retrouvent brutalement confrontées aux conséquences d’un accident doivent pouvoir compter sur un mécanisme d’indemnisation clairement établi.La question mérite donc d’être posée : dans un Bénin où les motos et les tricycles sont devenus incontournables, ne faudrait-il pas faire de leur assurance effective un véritable pilier de la sécurité routière ? Le débat est ouvert. Il concerne les pouvoirs publics, les compagnies d’assurances, les conducteurs, les organisations professionnelles et, surtout, les millions de Béninois qui empruntent chaque jour les routes du pays.
Christophe AGON




