PROTECTION SOCIALE : 35 CENTRES INTÉGRÉS POUR RAPPROCHER DAVANTAGE LES SERVICES PUBLICS DES POPULATIONS

Le Gouvernement poursuit sa politique de proximité sociale avec la construction annoncée de 35 Centres intégrés économiques, sociaux et numériques dans 26 communes. À travers cette décision, l’exécutif veut moderniser les infrastructures de protection sociale tout en rapprochant les services essentiels des populations. L’enjeu dépasse donc la simple construction de bâtiments : il s’agit de créer un nouveau cadre d’accès aux prestations sociales, aux services administratifs et aux outils numériques.Ces centres s’inscrivent dans le Programme de Filets de Protection Sociale Productifs, dont l’objectif est de mettre aux normes les infrastructures existantes et d’accroître la couverture territoriale des services sociaux. Ils doivent également contribuer au relèvement économique des ménages extrêmement pauvres et de ceux confrontés à des chocs affectant leurs conditions de vie. L’accompagnement financier progressif destiné au développement d’activités génératrices de revenus traduit une orientation désormais assumée : la politique sociale doit aider les bénéficiaires à retrouver leur capacité de production et leur autonomie.Le concept de centre intégré apporte une dimension supplémentaire. Les futures infrastructures doivent notamment regrouper les Guichets uniques de Protection sociale, des agences de La Poste du Bénin et des Points numériques communautaires. En réunissant plusieurs services dans un même environnement, le dispositif peut réduire les déplacements, simplifier les démarches et rendre les prestations plus accessibles aux citoyens.La répartition territoriale annoncée donne également à cette décision une portée nationale. Des communes comme Kandi, Banikoara, Natitingou, Matéri, Abomey-Calavi, Allada, Ouidah, Parakou, Nikki, Tchaourou, Dassa-Zoumè, Savalou, Aplahoué, Djakotomey, Bassila, Djougou, Cotonou, Houéyogbé, Lokossa, Adjohoun, Porto-Novo, Sèmè-Podji, Adja-Ouèrè, Pobè, Abomey et Bohicon sont concernées par le programme annoncé dans le compte rendu.Cette approche traduit une évolution de la politique publique : aller au-devant des populations plutôt que d’attendre qu’elles se déplacent vers l’administration. Pour les ménages vulnérables, cette proximité peut faire une différence considérable, particulièrement lorsque l’accès à l’information, aux services sociaux ou aux dispositifs d’accompagnement constitue déjà une difficulté.La réussite de cette initiative dépendra toutefois de la capacité à rendre les centres effectivement opérationnels, avec des services disponibles, un personnel compétent et un accompagnement financier suffisamment efficace. L’infrastructure ne devra pas devenir une fin en soi. Elle devra être le support d’un service public plus accessible et plus humain.Avec ces centres intégrés, le Gouvernement donne en tout cas une nouvelle dimension à la protection sociale de proximité. La logique est claire : rapprocher l’État du citoyen, simplifier l’accès aux prestations et accompagner les populations vulnérables vers l’autonomie économique. C’est dans cette capacité à transformer les infrastructures en véritables espaces de solutions que se mesurera la portée de cette nouvelle étape.
Christophe AGON




