Société

Mobilité urbaine et périurbaine au Bénin : Nécessité d’une véritable révolution des modes de transport

Depuis deux décennies, et plus encore sous le régime du président Patrice Talon, le Bénin a fait du réseau routier sa grande priorité. L’asphaltage urbain et les axes inter-États ont transformé le paysage. Mais en concentrant l’essentiel des investissements sur le bitume, le pays laisse de côté des alternatives stratégiques.Entre un transport fluvial sous-exploité, l’absence de transports urbains de masse et l’effondrement du rail, le système de mobilité béninois doit être urgemment redimensionné.

Le transport lagunaire : un atout sous-exploité

Porto-Novo, le lac Nokoué et le lac Ahémé offrent un réseau hydrographique idéal pour contourner les embouteillages des métropoles côtières. Développer des navettes fluviales ou des bateaux-bus permettrait de concilier mobilité pratique, confort de déplacement et potentiel touristique. Malgré des projets prometteurs et le dragage du lac Ahémé (dans l’attente de celui du lac Nokoué), ces initiatives peinent à se concrétiser sur le terrain.Le défi de la mobilité urbaine de masseAlors que Dakar investit dans son TER et Abidjan dans son métro, l’agglomération de Cotonou s’en remet toujours aux deux-roues et aux minibus artisanaux. Si le coût colossal de ces infrastructures de transport de masse explique la prudence des autorités, l’absence d’une vision à long terme risque d’asphyxier la capitale économique du pays.

Le ferroviaire : le grand oublié du commerce régional

Autrefois axe majeur reliant le port de Cotonou aux pays de l’hinterland, le rail béninois n’est plus qu’un souvenir. La liquidation de l’OCBN a laissé derrière elle des rails rouillés et des gares à l’abandon. À l’heure de la ZLECAf et de la nécessité de désengorger les routes, cette paralysie fragilise la compétitivité logistique du Bénin face à ses voisins.

Redimensionner pour moderniser : cap sur le multimodal

Le Bénin ne peut plus s’appuyer uniquement sur l’asphalte pour répondre aux besoins de mobilité de ses citoyens. Moderniser le secteur exige une réelle complémentarité entre les différents modes de transport. Il faut accélérer le développement des liaisons fluvio-lagunaires pour désengorger le littoral et relancer le transport ferroviaire afin de fluidifier le fret lourd. C’est en diversifiant ses voies de communication que le pays bâtira un système de transport moderne, fluide, résilient et durable.

Saliou BAGUIRI

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