BÉNIN : VERS UN PAYS SANS VÉRITABLE OPPOSITION ?

La déclaration d’Eugène Azatassou relance le débat sur l’avenir du pluralisme politique.
« On n’aura aucune honte à rejoindre la mouvance si le Président Wadagni pose des actes… » Cette déclaration attribuée à Eugène Azatassou, membre du parti Les Démocrates, soulève une question fondamentale : l’opposition béninoise est-elle en train de perdre progressivement sa raison d’être ?En démocratie, un opposant peut reconnaître les mérites du pouvoir et soutenir les initiatives qu’il juge bénéfiques. Mais envisager de rejoindre la mouvance présidentielle pose la question de la cohérence politique et de la fidélité aux engagements pris devant les électeurs.Le danger n’est pas nécessairement la disparition des partis d’opposition, mais leur affaiblissement au point de ne plus pouvoir incarner une véritable alternative. Car une démocratie ne se mesure pas seulement à la capacité du pouvoir à gouverner, mais aussi à l’existence d’une opposition libre, crédible et capable de défendre les citoyens qui aspirent à une autre orientation politique.Pour le président Romuald Wadagni, les éventuels ralliements ne devraient pas constituer une fin en soi. La qualité de sa gouvernance se jugera aux résultats obtenus, et non au nombre d’opposants qui rejoindront son camp.La vraie question est donc posée : qui portera demain la voix des citoyens qui ne se reconnaissent pas dans la mouvance présidentielle ?Le Bénin a besoin d’une opposition constructive, mais indépendante. Car lorsque toutes les routes politiques semblent mener au pouvoir, c’est le pluralisme démocratique lui-même qui risque de s’affaiblir.Une démocratie forte n’a pas seulement besoin d’un pouvoir qui gouverne, mais aussi d’une opposition qui ose proposer une autre voie.
Christophe AGON




