Face au péril djihadiste : Cotonou et l’AES brisent les frontières de la méfiance

Alors que la diplomatie ouest-africaine s’est longtemps heurtée aux tensions politiques liées aux transitions militaires dans le Sahel, les groupes armés terroristes (GAT) ont profité du déficit de coopération transfrontalière pour étendre leur influence. Sous l’impulsion du président béninois, Romuald Wadagni, une diplomatie pragmatique semble désormais inverser la tendance, en transformant la méfiance d’hier en coopération sécuritaire.
Le tournant de Koualou : une coopération sécuritaire renforcée
L’événement survenu il y a quelques jours à Koualou, en territoire béninois, illustre ce changement de cap. Avec l’accord des autorités de Cotonou, un détachement de l’armée burkinabè est intervenu sur le sol béninois dans le cadre d’une opération conjointe de ratissage et de renseignement aux côtés des Forces armées béninoises.Selon les informations rapportées, les soldats burkinabè ont été chaleureusement accueillis par les populations locales. Cet accueil est présenté comme le signe que, pour les habitants des zones exposées, l’urgence sécuritaire prime sur les considérations politiques.
Une nouvelle dynamique contre les groupes armés
Ce rapprochement tactique, appelé à s’étendre aux autres pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), notamment au Niger, pourrait compliquer les mouvements des groupes armés terroristes. En renforçant le partage du renseignement, en coordonnant les opérations militaires et en réduisant les possibilités de repli dans les zones frontalières, cette coopération vise à accroître l’efficacité de la lutte contre l’insécurité.En privilégiant une approche fondée sur la coopération opérationnelle, le Bénin et les États de l’AES affichent leur volonté de renforcer la sécurité dans cette partie de l’Afrique de l’Ouest. L’expérience de Koualou pourrait ainsi ouvrir la voie à une collaboration régionale plus étroite face à la menace terroriste.
S. BAGUIRI



