L’EAU EST TOMBÉE, MAIS LE DRAME A ÉTÉ ÉVITÉ : LE BÉNIN RÉUSSIT SON TEST DES INONDATIONS

Alors que de fortes pluies ont durement frappé plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, le Bénin se distingue par un constat encourageant : jusqu’à présent, aucun décès lié aux récentes inondations n’a été officiellement signalé, contrairement à plusieurs pays voisins. Au Ghana et en Côte d’Ivoire, les intempéries ont fait de nombreuses victimes, tandis que le Togo a également enregistré des pertes humaines. Ce contraste mérite d’être souligné. Il ne signifie pas que le Bénin a échappé aux fortes pluies ni que les populations n’ont subi aucun désagrément. Des quartiers ont été inondés, des routes rendues difficilement praticables et des familles affectées. Mais l’absence de victimes humaines constitue un indicateur positif de la gestion du risque.Cette situation invite à reconnaître les efforts consentis ces dernières années en matière de prévention des catastrophes, d’aménagement urbain, de curage des caniveaux, d’ouvrages de drainage, ainsi que la mobilisation des services de protection civile et des autorités locales. Ces actions, combinées à une meilleure sensibilisation des populations, ont pu contribuer à limiter les conséquences les plus dramatiques. Pour autant, il serait prématuré de crier victoire. La saison des pluies est encore en cours et les risques demeurent élevés. Les changements climatiques rendent les épisodes pluvieux plus intenses et plus imprévisibles. Le meilleur hommage à ce bilan provisoire est donc de poursuivre les investissements dans les infrastructures d’assainissement, de renforcer la prévention et de maintenir la vigilance des citoyens.Le Bénin peut légitimement se féliciter d’avoir, à ce stade, évité le pire. Mais cette réussite doit être considérée non comme un aboutissement, mais comme une responsabilité : celle de préserver des vies humaines face à des phénomènes climatiques appelés à se multiplier. C’est à cette condition que le pays pourra transformer un succès ponctuel en véritable modèle de résilience face aux inondations.
Christophe AGON




