Société

Entre gaz domestique et charbon de bois : La souffrance de la ménagère

La marmite doit chauffer. Mais avec quoi ? Au Bénin, cette question banale est devenue un véritable casse-tête pour de nombreux ménages. Le gaz domestique coûte cher. Le charbon de bois aussi. Entre les deux, la ménagère est prise au piège d’un choix où aucune solution ne semble réellement légère pour le portefeuille.À Cotonou, Abomey-Calavi, Porto-Novo et dans plusieurs autres villes du pays, le combustible fait désormais partie des dépenses qui préoccupent quotidiennement les familles. Lorsque la bouteille de gaz est vide, il faut trouver l’argent pour la remplir. Et lorsque les moyens manquent, le charbon apparaît comme une solution de remplacement. Mais cette alternative est loin d’être gratuite. Acheté régulièrement, parfois en petites quantités, le charbon finit lui aussi par absorber une partie importante du budget familial.Le problème est donc simple : le gaz est cher, le charbon est cher, mais il faut toujours cuisiner. La ménagère ne peut ni reporter le repas du jour, ni attendre des jours meilleurs pour alimenter le feu. Elle doit trouver une solution, quitte à réduire ailleurs les dépenses du foyer.Et les dépenses ne manquent pas. Riz, maïs, gari, huile, poisson, viande, condiments, transport, scolarité des enfants, loyer, électricité, eau… Chaque poste réclame sa part. Dans ce contexte, quelques centaines ou milliers de francs consacrés au combustible peuvent faire la différence dans un budget déjà serré.Le charbon, lui, ne coûte pas seulement de l’argent. Il coûte aussi du temps et de l’énergie. Il faut préparer le foyer, allumer le feu, attendre les braises, surveiller la cuisson et supporter la fumée. Pour les plats qui mijotent longtemps, la corvée peut s’éterniser. La ménagère paie donc doublement : avec son portefeuille et avec ses efforts.Le gaz offre davantage de rapidité et de confort, mais sa recharge peut représenter une dépense difficile à absorber pour certaines familles. Le charbon permet parfois de faire face au jour le jour, mais son prix n’en fait plus une véritable solution économique. Le choix existe sur le papier. Dans la réalité, le porte-monnaie commande.Cette situation pose une question qui dépasse largement la cuisine. Elle touche directement au pouvoir d’achat des ménages béninois et à leur accès à une énergie de cuisson abordable. Car derrière chaque bouteille de gaz à remplir et chaque tas de charbon acheté se trouve une famille qui doit continuer à vivre, à manger et à faire face à d’autres charges.La scène se répète chaque jour dans les quartiers : une femme devant son foyer, une marmite sur le feu et une question dans la tête. Comment cuisiner aujourd’hui sans compromettre les dépenses de demain ?Gaz cher. Charbon cher. Marmite toujours à remplir. Pour la ménagère béninoise, le vrai luxe serait peut-être simplement de pouvoir cuisiner sans avoir à calculer chaque franc.

Christophe AGON

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