NOMINATIONS SOUS L’ÈRE WADAGNI : LES FILS DE CALAVI OUBLIÉS DANS LE PARTAGE DES RESPONSABILITÉS ?

À Abomey-Calavi, la faible présence, voire l’absence remarquée de ressortissants de la cité Djaka dans les différentes nominations suscite des interrogations. Une préoccupation grandissante qui remet au centre du débat la question de la représentativité territoriale dans la gestion des affaires publiques.Depuis l’avènement de Romuald Wadagni à la tête de l’État, une interrogation commence à gagner les esprits dans la cité Djaka : quelle place est désormais réservée aux fils et filles d’Abomey-Calavi dans les cercles de décision ? Au fil des nominations intervenues, des voix s’élèvent pour relever une présence qui leur paraît insuffisante des ressortissants de cette importante commune dans les instances de responsabilité.Abomey-Calavi n’est pourtant pas une localité périphérique dans la vie politique, économique et sociale du Bénin. Par son poids démographique, son dynamisme économique, son histoire et son influence dans l’équilibre national, la commune occupe une place particulière dans l’architecture territoriale du pays. Elle abrite des compétences, des cadres expérimentés, des personnalités engagées et des ressources humaines susceptibles de contribuer à la conduite des politiques publiques.Dès lors, le sentiment d’une représentation insuffisante dans les nominations ne peut être balayé d’un simple revers de main. Il mérite d’être entendu et examiné avec attention. Car au-delà des postes et des titres, c’est aussi une question de reconnaissance, de considération et de participation à la construction nationale qui se pose.Pour autant, la revendication des fils de Calavi ne saurait se réduire à une exigence de quotas fondée sur l’origine géographique. Les nominations doivent avant tout répondre aux impératifs de compétence, d’expérience, de probité et d’efficacité. Mais ces critères ne devraient pas non plus faire disparaître la nécessité d’une représentativité territoriale équilibrée, dès lors que les compétences existent dans toutes les composantes de la nation.La question mérite donc d’être posée aux décideurs : les compétences de la cité Djaka sont-elles suffisamment prises en compte dans les choix opérés ? Les cadres originaires d’Abomey-Calavi sont-ils réellement associés aux responsabilités nationales à la mesure de leur potentiel et de leur expérience ?Il ne s’agit ni d’opposer les communes ni de réclamer un privilège particulier. Il s’agit de rappeler qu’aucun territoire ne devrait avoir le sentiment d’être durablement tenu à l’écart de la gestion des affaires publiques. La cohésion nationale se nourrit également du sentiment d’appartenance et de la possibilité, pour chaque communauté, de contribuer à l’œuvre collective.Pour les fils et filles de la cité Djaka, l’attente est désormais celle d’une meilleure visibilité et d’une reconnaissance de leurs compétences. Le débat est ouvert : dans le Bénin qui se dessine sous l’ère Wadagni, quelle place pour les talents d’Abomey-Calavi dans les sphères de décision ?
Christophe AGON




