Politique

PHOTO À L’EFFIGIE DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE : VOILÀ POURQUOI ROMUALD WADAGNI DOIT L’INTERDIRE

Depuis quelques années, les administrations publiques, les services déconcentrés de l’État, certaines entreprises et même des établissements privés affichent ostensiblement la photo du chef de l’État dans leurs bureaux et salles de réunion. Une pratique devenue presque banale, mais qui soulève de nombreuses interrogations dans une démocratie moderne. Avec l’arrivée de Romuald Wadagni à la tête du pays, plusieurs observateurs estiment qu’il est temps de rompre avec cette tradition héritée d’une autre époque.

Une pratique qui rappelle le culte de la personnalité

Dans les grandes démocraties, les institutions sont plus fortes que les individus. L’administration sert l’État et non un homme, quel qu’il soit. L’omniprésence de la photographie du président dans les bureaux peut donner l’impression d’une personnalisation excessive du pouvoir, voire d’un culte de la personnalité incompatible avec les principes républicains.Le fonctionnaire qui entre dans son bureau doit être au service de la Constitution, des lois de la République et des citoyens, et non sous le regard permanent d’un dirigeant politique. L’autorité de l’État découle des textes et des institutions, pas de l’image d’une personnalité.

Une confusion entre République et pouvoir politique

L’affichage systématique de la photo présidentielle entretient parfois une confusion entre la République et le régime en place. Or, le chef de l’État est une autorité élue pour une durée déterminée, tandis que l’administration est permanente.Dans certains cas, cette pratique peut même être interprétée comme une forme de propagande politique indirecte, surtout lorsque les portraits sont mis en avant dans des lieux qui devraient demeurer strictement neutres.

Une mesure forte pour marquer une nouvelle gouvernance

Si Romuald Wadagni décidait d’interdire l’affichage obligatoire de son portrait dans les administrations, il enverrait un signal fort. Il montrerait sa volonté de bâtir une gouvernance fondée sur la sobriété, le renforcement des institutions et la dépersonnalisation du pouvoir.Une telle décision constituerait également un symbole de modernité démocratique. Elle traduirait l’idée que le respect dû au président de la République ne dépend pas de la présence de sa photo sur les murs, mais de la qualité de son action et de sa capacité à améliorer le quotidien des citoyens.

Mettre les symboles de la République au-dessus des hommes

Au lieu des portraits des dirigeants, certains proposent de mettre davantage en avant les symboles nationaux : le drapeau, la devise républicaine, la Constitution ou encore les grandes figures historiques qui ont marqué la construction de la nation béninoise.L’État gagnerait ainsi en neutralité et en maturité démocratique. Les générations futures retiendraient alors qu’au Bénin, les institutions sont pérennes alors que les hommes de pouvoir sont de passage.

Une décision attendue

Interdire l’affichage des photos du président dans les services publics ne diminuerait en rien le prestige de la fonction présidentielle. Au contraire, cette mesure renforcerait l’image d’un dirigeant attaché aux principes républicains et soucieux de distinguer clairement l’État de sa propre personne.Le débat est désormais posé : le temps n’est-il pas venu pour le Bénin de tourner définitivement la page de la personnalisation du pouvoir et de consacrer pleinement la primauté des institutions sur les hommes ?

Christophe AGON

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