Politique

Nouvel exécutif à Abomey-Calavi : Nathanaël Koty, le technocrate au défi de l’unité et de la rigueur financière

L’accession de Nathanaël Koty à la tête de la mairie d’Abomey-Calavi n’est pas une simple alternance, c’est l’arrivée d’un profil de haut vol aux commandes de la cité de Fofo Djaka. Ingénieur de formation, ancien patron du Fonds Routier et expert des rouages de l’aménagement du territoire, l’homme est un pragmatique du chiffre et de la structure. Mais ce pédigrée de technocrate, s’il est un atout indéniable pour moderniser une commune en pleine explosion, doit désormais se doubler d’une stature d’homme d’État local, capable de naviguer au-dessus des remous de la politique de proximité.Le véritable défi de Nathanaël Koty ne sera pas seulement technique, il sera moral et rassembleur. Pour réussir là où d’autres ont trébuché, il lui faudra impérativement se placer au-dessus de la mêlée. Abomey-Calavi a trop longtemps souffert de divisions sectaires et de querelles de chapelles qui ont paralysé son essor. L’heure est à une gouvernance consensuelle. Le nouveau maire devra être le trait d’union entre les différentes sensibilités, écartant les exclusions inutiles pour instaurer un climat de travail serein, seul rempart contre la stagnation.Cette hauteur de vue est la condition sine qua non pour trancher enfin le « nœud gordien » du foncier. Dans une commune où la pègre foncière a trop longtemps dicté sa loi, le maire est attendu au tournant sur le dossier des lotissements. Il ne s’agira plus de poser de simples plaques sur des réserves administratives, une amorce restée en surface sous l’ancienne administration mais d’aller au fond des dossiers pour sécuriser le patrimoine communal et protéger les citoyens des spoliations.Parallèlement à ces chantiers physiques, un défi de gestion s’impose : la gouvernance financière. Le nouveau maire devra imprimer sa marque sur la mobilisation des ressources propres de la commune. L’enjeu est double : sécuriser les recettes pour éviter les déperditions et garantir un usage pertinent et transparent des fonds publics. Pour les populations de Zinvié, Akassato , Godomey,Hèvié, Ouèdo ou de Glo-Djigbé, chaque franc collecté doit se traduire par une amélioration concrète de l’accès à l’eau potable et à l’électricité, urgences vitales de ce mandat.Avec un mandat désormais porté à sept ans, Nathanaël Koty dispose du temps nécessaire pour une transformation profonde. En sept ans, l’édile a l’opportunité de prouver que la rigueur de l’ingénieur, lorsqu’elle est mise au service d’une gestion financière saine et d’une vision inclusive, peut faire d’Abomey-Calavi un modèle de développement. Son succès se mesurera à sa capacité à faire de cette cité unie un espace où l’intérêt général et la transparence l’emportent enfin sur les appétits particuliers.

Saliou BAGUIRI

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