Politique

Election présidentielle d’avril 2026 : « Les Démocrates » entre boycott ou soutien ?

L’affiche de la présidentielle d’avril 2026 est désormais scellée, et elle laisse un goût d’inachevé dans les rues de Cotonou. Pour la deuxième fois consécutive, le parti « Les Démocrates » (LD), fer de lance de l’opposition radicale, se retrouve éjecté de la course avant même le coup d’envoi. Le couperet du parrainage a eu raison du duo Agbodjo-Lodou, laissant le champ libre à une confrontation aux airs de déjà-vu.Le décor est ainsi planté pour ce que beaucoup qualifient déjà de « match amical ». D’un côté, Romuald Wadagni, l’argentier du régime et dauphin de la Rupture, porte l’étendard d’une mouvance présidentielle en ordre de bataille. De l’autre, Paul Hounkpè et la FCBE s’érigent en alternative sous l’étiquette d’une opposition modérée, que ses détracteurs accusent d’être un peu trop conciliante avec le pouvoir. Sans la présence des héritiers de Boni Yayi pour bousculer les lignes, le débat manque cruellement du relief nécessaire à une véritable ferveur démocratique.Pour le parti LD, la situation est un véritable casse-tête stratégique. Sortis du jeu par la petite porte institutionnelle, les Démocrates n’ont plus que leur voix pour exister. Mais pour dire quoi ? L’idée d’un ralliement derrière la FCBE semble relever de la pure fiction politique, tant les griefs entre les deux formations sont profonds et les visions irréconciliables. Soutenir Hounkpè reviendrait, pour les partisans de la ligne dure, à valider un système qu’ils combattent depuis des années.Reste alors l’amère posture du spectateur critique. Si le parti choisit de s’emmurer dans un silence de protestation ou d’appeler au boycott, il parie sur une démobilisation massive des électeurs pour ôter tout éclat à la victoire annoncée du camp présidentiel. Mais cette politique de la chaise vide est un couteau à double tranchant : elle dénonce l’exclusion tout en condamnant le parti à l’effacement médiatique.En 2026, l’enjeu n’est peut-être plus de savoir qui s’installera au Palais de la Marina, mais plutôt de mesurer le poids de ce silence. Le taux d’abstention sera le véritable juge de paix d’un scrutin où l’absence des Démocrates pèsera sans doute plus lourd dans les consciences que les discours de campagne des candidats en lice.

Saliou BAGUIRI

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page