Société

Manger local, sain et sans bouillons chimiques : Le projet Cascade facilite un atelier pour redonner goût à la cuisine béninoise

Dans un contexte marqué par la prolifération des bouillons chimiques dans les habitudes culinaires, l’Organisation Non Gouvernementale CARE-GAIN, en partenariat avec plusieurs acteurs du domaine de la nutrition et de la santé publique, a organisé le vendredi 31 octobre 2025 un atelier de sensibilisation à l’attention des populations de Porto-Novo. L’objectif de cette rencontre était d’attirer l’attention des ménages sur l’importance de privilégier les exhausteurs naturels de goût et de promouvoir une alimentation plus saine. Inscrit dans le cadre de la célébration du Mois du « Consommons Local », cet atelier, tenu sur l’esplanade de l’Assemblée Nationale, a également servi de vitrine pour la valorisation des produits locaux et de la gastronomie béninoise.

La lutte pour une cuisine saine

Cette activité s’inscrit dans la mise en œuvre du projet CASCADE (CAtalyzing Strengthened policy aCtion for heAlthy Diets and resiliencE), financé par le gouvernement du Royaume des Pays-Bas et mis en œuvre par le consortium CARE–GAIN, avec l’appui de l’Alliance de la Société Civile pour l’Intensification de la Nutrition au Bénin (ASCINB). L’initiative vise à sensibiliser la population portonovienne sur les risques sanitaires liés à l’usage abusif des cubes chimiques dans l’alimentation quotidienne. L’atelier a réuni un public varié composé de restauratrices, de ménagères, de jeunes entrepreneurs du secteur agroalimentaire et de représentants d’organisations de la société civile.

Présence remarquable d’autorités

Plusieurs personnalités impliquées dans la mise en œuvre du projet ont pris part à la rencontre, notamment Madame Hyasmine Hermione Sahouegnon, coordinatrice du projet CASCADE, Madame Calixta d’Almeida, Secrétaire générale de l’ASCINB, Monsieur Célestin Tognon, conférencier principal et agent de développement rural, ainsi que Madame Hermine Hodonou Savi, Directrice départementale de l’industrie et du commerce de l’Ouémé et du Plateau.Des personnalités lèvent le coin de voileDans son mot introductif, Madame Hyasmine Hermione Sahouegnon a présenté les grandes lignes du projet CASCADE, en insistant sur ses objectifs, ses impacts attendus et l’importance de cette initiative pour le bien-être des populations. Prenant à son tour la parole, Madame Calixta d’Almeida a exposé les conséquences néfastes de la malbouffe sur la santé humaine et a mis en garde contre les dangers sanitaires liés à l’utilisation excessive des bouillons chimiques. Elle a, à cet effet, exhorté les participantes à opter pour des alternatives locales et naturelles dans la préparation des repas.Quant au conférencier Célestin Tognon, il a articulé sa communication autour de trois axes majeurs : la composition des cubes chimiques, leurs caractéristiques et les risques qu’ils représentent pour la santé. Ses explications, à la fois techniques et pratiques, ont permis d’éclairer davantage le public sur les effets à long terme de ces produits sur l’organisme.

Une démonstration culinaire était au menu

L’atelier a également été ponctué d’une démonstration culinaire mettant en valeur la richesse et la diversité des produits du terroir béninois. Les participants ont eu l’occasion de déguster des mets locaux préparés sans cubes chimiques, démontrant qu’il est possible d’allier saveur, naturalité et santé. Des échanges interactifs ont suivi, favorisant le partage d’expériences sur les bonnes pratiques alimentaires et la place de la nutrition dans la prévention des maladies.

Le témoignage d’une participante

C’est dans ce cadre qu’est intervenu le témoignage de Madame Françoise Lokoklounon, promotrice de l’entreprise Les Bruits, spécialisée dans la transformation du sushis en farine. Séduite par les échanges, elle a exprimé toute sa satisfaction :<< Ce que j’ai appris aujourd’hui m’a beaucoup apporté, car on n’a jamais fini d’apprendre, confie-t-elle. J’ignorais, par exemple, qu’à partir de l’huile de palme, l’on pouvait obtenir une pâte locale. J’ai également apprécié la manière dont la cuisinière a préparé le repas. Cela m’a permis de découvrir de nouvelles manières de cuisiner sainement.>>Elle ajoute : << J’ai cessé d’utiliser les cubes chimiques depuis plus de dix ans, car ils rendent malades. Cette séance m’a confortée dans ce choix en nous montrant qu’il existe des ingrédients naturels capables de remplacer avantageusement les cubes, tout en donnant un goût savoureux aux plats. Ces alternatives locales sont non seulement plus saines, mais aussi plus accessibles. J’invite donc toute la population à réduire, voire à bannir, l’usage des bouillons chimiques. Il est temps d’adopter nos épices locales, pour une cuisine béninoise plus saine et plus authentique. >>Pour clore la rencontre, Madame Hermine Hodonou Savi a insisté sur la nécessité de privilégier une cuisine exempte de colorants et d’additifs chimiques. Elle a également souligné les nombreux avantages économiques et sanitaires liés à la consommation de produits locaux.

Promouvoir le retour aux sources culinaires

À travers cette initiative, le projet CASCADE s’appuyant sur le consortium CARE-GAIN et ses partenaires entendent renforcer la résilience alimentaire des ménages et promouvoir un retour aux sources culinaires. Un message fort sur l’importance d’une alimentation équilibrée, locale et respectueuse de la santé humaine sera prochainement diffusé dans différentes langues nationales et à travers les médias locaux, afin de toucher un public encore plus large et d’ancrer durablement cette dynamique vertueuse dans les pratiques alimentaires quotidiennes.

Collaborateur extérieur Charles BONOU

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