Politique

Guerre inutile entre le BR et l’UPR à Glo-Djigbé : Les dessous d’un blocage politique paradoxal

Alors que les résultats des communales de 2026 donnent clairement l’avantage au Bloc Républicain (BR) dans l’arrondissement de Glo-Djigbé, l’installation du chef d’arrondissement tarde à se concrétiser et c’est le CA d’Akassato qui assure l’intérim. Une situation qui interroge et révèle les tensions internes au sein même de la mouvance présidentielle.

Une victoire électorale qui ne suffit pas

À l’issue des élections communales de janvier 2026, le paysage politique béninois s’est resserré autour de deux formations majeures : le Bloc Républicain (BR) et l’Union Progressiste le Renouveau (UPR), seuls partis à avoir franchi le seuil électoral et à se partager l’ensemble des sièges.Dans la commune d’Abomey-Calavi, et particulièrement à Glo-Djigbé, le BR a réussi à tirer son épingle du jeu en remportant l’arrondissement avec deux conseillers, contrairement à la domination globale de l’UPR dans la commune. Logiquement, cette victoire devrait lui conférer la main sur la désignation du chef d’arrondissement.Mais sur le terrain, la réalité est tout autre.

Le principe de la «gouvernance collégiale» en question

Le premier facteur explicatif de ce blocage réside dans les accords politiques entre les deux partis alliés de la mouvance. En effet, l’UPR a officiellement défendu une approche basée sur la gouvernance collégiale, visant à partager les responsabilités locales afin de préserver les équilibres politiques.Dans ce contexte, la désignation des chefs d’arrondissement ne repose pas uniquement sur les résultats locaux, mais aussi sur des négociations politiques à un niveau supérieur. Autrement dit, gagner un arrondissement ne garantit pas automatiquement le contrôle total de son exécutif.Cette logique, pensée pour éviter les frustrations et maintenir la cohésion, devient paradoxalement une source de tensions sur le terrain malheureusement.

Rivalités locales et enjeux de positionnement

Au-delà des textes, la situation à Glo traduit surtout une lutte d’influence entre acteurs locaux. Derrière les partis, ce sont des personnalités, des ambitions et des réseaux qui s’affrontent.Plusieurs éléments peuvent expliquer le blocage. Après enquête de votre journal, les désaccords s’observent surtout sur le choix du candidat au poste de chef d’arrondissement. Qu’il vous souvienne que cette victoire n’est rien d’autre celle d’un ancien dissident de l’UPR. Aussi, on peut noter des rivalités internes au BR lui-même, entre élus et leaders locaux. Peut s’ajouter la volonté de l’UPR de peser malgré sa lourde défaite locale, en s’appuyant sur sa majorité communale. Ce cocktail crée une situation de blocage où aucun camp ne veut céder, au risque de retarder le fonctionnement normal de l’administration locale.

Un précédent lourd de tensions

Glo-Djigbé n’en est pas à sa première crise malheureusement. La suspension d’un précédent chef d’arrondissement en 2025 avait déjà révélé des divergences profondes sur la gestion locale et le respect des procédures.Ce passif alimente aujourd’hui la méfiance entre acteurs et complique davantage les compromis politiques.

Une contradiction au sommet de la mouvance

Ce bras de fer apparaît d’autant plus surprenant que le BR et l’UPR appartiennent à la même mouvance présidentielle, qui contrôle l’essentiel des institutions nationales et locales.Au niveau national, ces deux partis gouvernent ensemble avec une majorité écrasante. Mais au niveau local, cette alliance se fissure sous le poids des intérêts particuliers.

Une « guerre inutile » aux conséquences réelles

Ce blocage n’est pas sans conséquences :le retard dans la mise en place de l’administration locale, suivi du frein aux projets de développement de l’arrondissement. Sans compter la perte de confiance des populations envers les élus. En somme, une bataille politique qui semble déconnectée des priorités des citoyens.

Quelle issue ?

La sortie de crise passe nécessairement par un arbitrage clair au niveau des états-majors politiques. Que le verdict des urnes soit respecté pour préserver la crédibilité du processus électoral.Enfin, un compromis local doit être trouvé afin de relancer rapidement la gouvernance locale. Nous pouvons alors conclure que ce blocage autour de l’installation du chef d’arrondissement à Glo-Djigbé illustre les limites d’une alliance politique lorsque les intérêts locaux prennent le dessus. Entre logique électorale et calculs stratégiques, le BR et l’UPR donnent l’image d’une rivalité fratricide.Une « guerre inutile », en effet, dont les premières victimes restent les populations, en attente d’une gouvernance efficace et apaisée.

LA RÉDACTION

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