Politique

Présidentielles 2026 : Dans les coulisses de la «campagne de l’ombre»

À deux mois du scrutin présidentiel, le calme qui règne sur le Bénin est trompeur. Si les grandes affiches ne dominent pas encore le paysage urbain, une activité frénétique se trame en coulisses.Depuis l’installation des nouveaux conseils municipaux, les états-majors des deux duos en lice ont basculé dans une phase d’offensive discrète mais déterminée.Une stratégie de terrain, loin des instances centralesOubliez les grandes réunions bureaucratiques des sièges de partis. Aujourd’hui, la campagne se joue ailleurs : dans les quartiers, sur les marchés et au cœur des associations socio-professionnelles.Ce n’est pas un hasard si les mouvements de soutien ont pris le dessus sur les structures classiques. Face à des partis politiques souvent perçus comme trop verrouillés par une centralisation décisionnelle rigide, ces collectifs offrent une porte de sortie. Ils sont agiles, ils sont ancrés dans le réel, et surtout, ils permettent à une nouvelle génération d’acteurs politiques de s’affirmer.Le « réseau » comme moteur de conquêtePourquoi un tel engouement pour ces mouvements ? La réponse tient en deux points :Le contournement de la hiérarchie : En s’appuyant sur des bases régionales ou professionnelles, les candidats court-circuitent les lourdeurs des appareils partisans pour s’adresser directement à l’électorat.La préparation de l’après-2026 : Pour beaucoup, ces mouvements sont des laboratoires. En se rendant indispensables dans la mobilisation actuelle, ces nouveaux acteurs se positionnent stratégiquement pour la recomposition du paysage politique national qui suivra l’élection.Un terrain conquis, week-end après week-endLe rythme s’est accéléré. Que ce soit au détour d’une assemblée générale de quartier ou d’une sortie de soutien lors d’une fête traditionnelle, le maillage territorial s’intensifie. Ce n’est plus seulement une élection présidentielle qui se joue, mais un véritable test de capacité de mobilisation pour les deux camps.Alors que nous approchons du moment décisif, une chose est sûre : le prochain chef de l’État devra son élection autant à la solidité de son programme qu’à cette armée de « mouvements de l’ombre » qui, loin des projecteurs, forge aujourd’hui le socle de sa victoire.

Saliou BAGUIRI

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