Politique

Tendances des communales et Législatives au Bénin : Le réveil du « frère » républicain face à l’hégémonie contestée de l’UPR

Les dernières joutes électorales au Bénin resteront gravées comme celles d’un paradoxe. Alors que l’opinion attendait une confirmation de la suprématie absolue de l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R), le scrutin a révélé une réalité plus nuancée : celle d’un resserrement des rangs inattendu et d’un duel fratricide qui a redéfini les rapports de force au sein du bloc présidentiel. Le décor était planté dès le départ : pour les communales, l’absence du parti Les Démocrates (LD), n’ayant pu franchir les barrières réglementaires, a privé le scrutin d’un véritable choc majorité-opposition. N’atteignant pas le seuil de représentativité pour les législatives, LD a fait montre de son incapacité à bousculer les équilibres globaux, laissant ainsi le champ libre à une confrontation entre les « partis siamois ». Privés de leur adversaire naturel dans de nombreux bastions locaux, le Bloc Républicain (BR) et l’UP-R se sont livrés une guerre d’usure, une lutte pour le leadership interne à la mouvance qui a pris des airs de « conflit familial » ponctué d’escarmouches ayant relevé quelque peu et par endroits le niveau des débats.L’un des enseignements majeurs de ce scrutin est la résilience du Bloc Républicain. Longtemps perçu comme une formation à l’ancrage essentiellement septentrional, le parti a démenti les pronostics de déclin en réussissant à « recoller » au peloton de tête. Ce retour en force prouve que son maillage territorial est bien plus profond que ne le suggéraient les analyses pré-électorales. À l’inverse, le triomphalisme affiché par les troupes de Joseph Djogbenou semble avoir été leur talon d’Achille. En s’appuyant sur des certitudes d’invincibilité, l’UP-R a péché par excès d’assurance, dormant sur des lauriers qui ont fini par se flétrir dans certains bastions pourtant jugés imprenables.Ce resserrement de l’écart entre le BR et l’UP-R s’accompagne d’un constat sans appel pour les formations satellites : les résultats de MOELE Bénin et des FCBE confinent désormais à l’anecdotique, actant leur disparition de fait de la scène politique nationale. Cette simplification du paysage, où les « petits poucet » n’ont plus leur place, dessine une classe politique totalement recomposée. Le prochain locataire de la Marina fera face à une donne inédite où les cartes doivent être entièrement rebattues ; il ne pourra plus s’appuyer sur une hégémonie monolithique, mais devra composer avec ces nouvelles forces en présence au sein d’une mouvance désormais bipolaire et rééquilibrée.

Saliou BAGUIRI

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