Politique

Présidentielle 2026 : Présence ou non du parti « Les Démocrates », un duel à distance

La Cour Constitutionnelle du Bénin est devenue, malgré elle, l’épicentre d’un duel politique à distance entre deux des figures majeures du pays : le Président Patrice Talon et l’ancien Président Thomas Boni Yayi, figure tutélaire du principal parti d’opposition, « Les Démocrates ».L’audience plénière reportée à ce jeudi 23 octobre n’est pas un simple contentieux juridique ; elle est le dernier acte d’une confrontation par procuration dont l’issue scellera le sort de l’opposition pour l’élection présidentielle de 2026. Pour « Les Démocrates », il s’agit d’une stratégie du quitte ou double qui déterminera s’ils pourront ou non défier la majorité en place.

Le Verrou du Parrainage : 27 contre 28

Le contentieux est centré sur la validité du parrainage d’un seul homme : le député Michel Sodjinou.Le parti d’opposition a vu son nombre de parrainages chuter à 27, après l’invalidation de celui du député Sodjinou par une ordonnance du tribunal de première instance de Cotonou. Or, la loi électorale béninoise exige un minimum de 28 parrainages (issus des élus nationaux et locaux) pour qu’un parti puisse présenter un candidat à la présidentielle de 2026. Un seul parrainage manque, et c’est l’accès à la course qui est barré.Le recours déposé par le député Abdel Kamar Ouassagari vise donc à rétablir ce parrainage crucial, véritable clé de voûte de la candidature d’opposition.

L’ombre de Yayi sur le dossier

Dans un environnement politique largement structuré autour du parrainage par les formations de la mouvance présidentielle, le parti « Les Démocrates », souvent perçu comme la machine politique de Thomas Boni Yayi, est la dernière force capable de présenter un challenge crédible.Ce contentieux sur le parrainage de Michel François Sodjinou n’est donc pas vu par les analystes comme un simple différend administratif, mais comme une manœuvre politique à haute intensité. En jeu, la capacité de l’ancien Président Yayi à faire peser son influence en 2026 en présentant un candidat issu de son camp, face à l’administration Talon. Si le parrainage est définitivement invalidé, l’opposition sera de facto privée de participation, assurant un boulevard aux forces politiques proches du pouvoir.

Le dernier délai accordé par la Cour

L’audience, initialement prévue lundi 20 octobre dernier, a été reportée à demain jeudi 23 octobre pour accorder aux membres du parti « Les Démocrates » le temps de compléter leur dossier. La Cour Constitutionnelle, en acceptant la requête de 72 heures, s’engage à garantir une procédure équitable.« Il est essentiel que la Cour nous accorde le temps nécessaire pour produire les éléments complémentaires qui démontrent la validité du parrainage de notre collègue », a déclaré le député Ouassagari.Ce jeudi 23 octobre marque l’échéance de ce délai de grâce. Les regards seront tournés vers la Cour pour savoir si elle accordera ce parrainage manquant, ouvrant ainsi la voie à une compétition ouverte en 2026, ou si elle confirmera le verrou, consacrant la victoire de la stratégie politique d’un camp dans ce duel à distance.

Saliou BAGUIRI

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