Promulgation de la nouvelle constitution Béninoise : Mitokpè et Azatassou expriment les craintes de l’opposition

Le Président Patrice Talon a officiellement promulgué la loi portant révision de la Constitution le mercredi 17 décembre 2025. Cette étape marque un tournant institutionnel majeur pour le pays, alors que le texte avait été validé quelques jours plus tôt par la Cour constitutionnelle. Si le pouvoir y voit une modernisation nécessaire des institutions, les figures de l’opposition expriment de sérieuses réserves sur la portée de ces réformes.
Une mutation profonde des institutions
Cette promulgation entérine des changements substantiels dans l’organisation de l’État. Parmi les points saillants, on note le passage au mandat présidentiel de sept ans, la création d’un Sénat pour renforcer le pouvoir législatif, et l’introduction d’une « trêve politique ». Pour la mouvance présidentielle, ces ajustements visent à offrir une plus grande stabilité institutionnelle et à optimiser le calendrier électoral pour les échéances à venir.Toutefois, ce nouveau cadre ne fait pas l’unanimité au sein de la classe politique, où les voix critiques se multiplient pour dénoncer une méthode jugée trop unilatérale.
Les inquiétudes de l’opposition : Guy Mitokpè et la crainte du verrouillage
S’exprimant sur les ondes de RFI, Guy Mitokpè, porte-parole du parti Les Démocrates, a fait part de ses vives inquiétudes. Pour lui, la concomitance entre les récents incidents sécuritaires et cette accélération législative soulève des interrogations sur les réelles intentions du pouvoir.Il a notamment pointé du doigt le concept de « trêve politique », qu’il perçoit comme un frein à la libre expression des partis : « On cherche à instaurer un silence qui ne dit pas son nom. La vie démocratique ne peut pas être mise sous boisseau au nom d’une stabilité administrative », a-t-il déclaré, soulignant que cette réforme semble s’éloigner des acquis historiques de la Conférence nationale de 1990.Eugène Azatassou : Un appel à la vigilanceDans la même lignée, Eugène Azatassou, figure de proue de l’opposition, juge cette réforme inopportune. Selon lui, le passage au septennat et la nouvelle configuration du Parlement ne répondent pas aux préoccupations immédiates des Béninois, notamment sur le plan social et économique.Il regrette l’absence d’un dialogue national inclusif avant la promulgation d’un texte d’une telle importance : « Nous entrons dans une phase où les équilibres démocratiques sont fragilisés. Il est essentiel que le débat reste ouvert pour que chaque sensibilité puisse se reconnaître dans les lois qui régissent notre pays. »Vers un nouveau cycle politiqueAvec cette promulgation, le Bénin amorce une phase de transition vers les élections générales de 2026. Le défi pour les mois à venir sera de concilier l’application de ce nouveau texte avec le maintien d’un climat politique apaisé. Alors que les autorités réaffirment leur volonté de garantir l’ordre et le progrès, l’opposition, elle, promet de rester mobilisée pour que le pluralisme continue de battre au cœur de la démocratie béninoise.




