Législatives 2026 dans la 6e CE : Le risque de razzia de l’UPR face à un BR en difficulté

La publication des listes pour les prochaines élections législatives dans la 6e circonscription électorale (Abomey-Calavi, Zè et Sô-Ava) révèle une asymétrie stratégique nette entre les deux grands partis de la Mouvance Présidentielle, l’Union Progressiste le Renouveau (UPR) et le Bloc Républicain (BR). Cette disparité tactique fait planer le risque d’une « razzia » des sièges par l’UPR, menaçant la représentation du BR dans cette zone pourtant cruciale.
L’ancrage territorial, clé de voûte de la stratégie UPR
L’UPR a opté pour une approche d’efficacité électorale en misant sur l’ancrage territorial profond de ses candidats, en phase avec le statut de « fils du terroir ». Cette homogénéité des candidatures minimise le risque de rejet associé aux parachutages. Seule l’exception notable d’Orden Alladatin (dont l’ancrage est d’une autre nature) est portée par une liste qui, dans sa majorité, garantit une meilleure conversion des sympathisants en votes effectifs en s’appuyant sur les réseaux locaux. Cet alignement stratégique confère à l’UPR une machine de guerre électorale rodée.
Le BR face au double piège de l’usure et de la nouveauté
Le Bloc Républicain (BR), quant à lui, semble confronté à des défis de positionnement qui fragilisent sa capacité à lutter à armes égales : L’usure électorale et les controverses. La présence de figures politiques dont l’efficacité électorale est perçue comme en déclin crée une fuite de voix potentielle. C’est le cas du candidat Nathanaël Sokpoékpé, dont l’usure électorale est soulignée par l’absence de renouvellement de son profil, sans compter les controverses domaniales aux relents peu orthodoxes qui pourraient devenir un boulet de campagne pour le BR.
La Faiblesse du Novice
L’émergence d’une tête de liste comme Ahondémè, bien que capable d’assurer une forte mobilisation de foule, se heurte au manque d’ancrage profond nécessaire. Son positionnement, qui semble lié à une démonstration de force récente, n’est pas encore garanti d’avoir les « coudées franches » pour transformer cette effervescence en un vote massif et structuré, notamment face aux figures bien établies de l’UPR.
Prévisions : Le risque zéro pour le « Frère Siamois »
Cette asymétrie stratégique conduit à une conclusion claire : le déséquilibre entre l’ancrage UPR et les faiblesses du BR dans la 6e circonscription augmente le risque que l’UPR se taille la part du lion des sièges.Si le BR ne parvient pas à ajuster rapidement sa stratégie, soit en réglant les questions de controverses, soit en renforçant l’ancrage de ses jeunes figures, il court le danger très réel d’être relégué à un score minimal, voire de se retrouver sans aucune représentation dans cette circonscription, laissant son « frère siamois » de la Mouvance Présidentielle en situation de quasi-monopole. La 6e circonscription s’annonce donc non pas comme un duel équilibré, mais comme une possible démonstration de force de l’UPR.
Saliou BAGUIRI




