Biologie médicale et médecine nucléaire : Chercheurs et acteurs de la santé face aux défis de la digitalisation

Depuis ce mardi 21 octobre 2025, l’Institut des Sciences Biomédicales Appliquées (ISBA) de Cotonou sert de cadre au congrès conjoint de la Société Africaine Francophone de Biophysique et Médecine Nucléaire (SAFBMEN) et de la Société de Biologie Clinique du Bénin (SBCB). Organisé autour du thème : « Biologie médicale et médecine nucléaire à l’heure de la digitalisation : quels enjeux pour les pays à ressources limitées », l’événement réunit chercheurs, experts et praticiens venus de divers pays d’Afrique francophone.Dès l’ouverture des travaux, les organisateurs ont affiché leur ambition qu’est de faire du congrès une plateforme multidisciplinaire pour analyser les opportunités offertes par la transformation numérique dans les domaines de la biologie médicale et de la médecine nucléaire. Le professeur Gomina Moutawakilou, président du comité d’organisation, a insisté sur l’importance de bâtir une réponse technologique ancrée dans les réalités locales.Mais au-delà de l’enthousiasme suscité par l’intelligence artificielle (IA), l’heure est aussi à la prudence. Le professeur Simon Akpona, président de la SBCB, a tenu à rappeler la complexité des défis actuels. « L’intelligence artificielle a ses limites. Nous sommes à la croisée des chemins », a-t-il déclaré, appelant à une adoption raisonnée et éthique des nouvelles technologies.Ce message a trouvé un écho particulier dans la conférence inaugurale prononcée par le professeur Zannou Thiburce, qui a mis en lumière les apports potentiels de l’IA en matière de diagnostic médical, tout en soulignant l’absolue nécessité d’un encadrement éthique rigoureux.La tenue de ce congrès bénéficie du soutien actif du gouvernement béninois. Représentant le ministre de la Santé, le docteur Ange Dossou a officiellement lancé les travaux. Dans son allocution, il a salué l’initiative et rappelé les efforts en cours pour moderniser les infrastructures médicales du pays. Il a exhorté les participants à « formuler des recommandations concrètes », susceptibles de faire progresser la biologie médicale et la médecine nucléaire au Bénin comme dans les autres pays à ressources limitées.Des enjeux scientifiques et institutionnelsAu-delà des ateliers scientifiques prévus jusqu’au jeudi 23 octobre, l’événement aura également une portée institutionnelle. Le professeur Amoussou-Guenou, président de la SAFBMEN, a indiqué que ce congrès aboutira au renouvellement des instances dirigeantes des deux sociétés savantes, dans une dynamique de renforcement de leur cadre juridique et organisationnel.Ces trois jours de travaux s’annoncent donc décisifs, tant pour l’avenir des disciplines concernées que pour la réflexion collective sur une transition numérique adaptée aux contraintes des systèmes de santé africains.





