Procès Steeve Amoussou à la CRIET : La défense mise tout sur l’annulation de la requalification

La Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET) a examiné ce jour le procès en appel de l’activiste Steeve Amoussou, plus connu sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme de « Frère Hounvi ». L’enjeu de cette audience est majeur, non seulement pour la liberté du prévenu, mais aussi pour l’interprétation des limites de la critique politique sur Internet au Bénin.Initialement poursuivi pour des chefs d’accusation sévères incluant notamment la « provocation à la rébellion », l’activiste avait vu les faits requalifiés par le tribunal de première instance. Cette requalification avait abouti à sa condamnation à deux ans de prison ferme pour « Injure avec motivation politique » et « Initiation et diffusion de fausses nouvelles ».C’est précisément sur cette requalification que l’équipe de défense, menée par Maître Aboubakar Baparapé, a concentré toute sa stratégie en appel.Selon les déclarations de l’avocat à la presse, la défense conteste l’adéquation même des propos incriminés avec les qualifications pénales retenues. Maître Baparapé a soutenu que les publications de Steeve Amoussou relèvent essentiellement du droit à la critique politique et de la liberté d’expression, et non d’infractions pénales passibles d’une peine de prison ferme. L’objectif est de démontrer que la qualification d’injure à « motivation politique » est abusive et qu’elle musèle la liberté d’opinion.En somme, l’enjeu principal pour la défense est d’obtenir l’annulation de la requalification afin d’ouvrir la voie à un acquittement ou, au minimum, à une révision significative de la peine.Après les plaidoiries et les réquisitions du ministère public, la Cour a mis l’affaire en délibéré. Le verdict de la CRIET est attendu pour la mi-décembre et sera suivi de près par les observateurs nationaux et internationaux.
Saliou BAGUIRI




