Société

Adjagbo dans la commune d’Abomey-Calavi : Quand l’argent public finit en repaire pour l’insécurité

À Adjagbo, dans l’arrondissement d’Akassato, un imposant bâtiment inachevé semble figé dans le temps. Ce qui devait être un fleuron du développement agricole pour la commune d’Abomey-Calavi n’est plus qu’une carcasse de béton livrée aux herbes folles et aux activités obscures. Enquête sur un gâchis qui inquiète.Le soleil de midi tape fort sur la plaque poussiéreuse fixée à la façade. On y lit encore distinctement les logos de la Banque Mondiale et du Ministère de l’Agriculture. Le projet semblait pourtant solide : un appui à la diversification agricole (PADA) pour booster l’économie locale. Mais aujourd’hui, à Adjagbo, le rêve a laissé place à un sentiment de trahison.

Un monument au gaspillage

En franchissant le seuil de ce bâtiment sans portes ni fenêtres, le constat est amer. Les murs, bien que debout, portent les stigmates de l’abandon. Des milliers, voire des millions de francs CFA issus du trésor public et de prêts internationaux dorment ici, inutilement. Comment un projet d’une telle envergure a-t-il pu s’arrêter si près du but ? Entre la réception des travaux et la mise en service, un fossé semble s’être creusé, engloutissant l’espoir des agriculteurs de la région.

Le refuge de l’ombre

Mais le plus grave n’est pas seulement l’aspect financier. Cet « éléphant blanc » est devenu une source d’angoisse pour les riverains d’Akassato. À la tombée de la nuit, le bâtiment change de visage. Faute d’éclairage et de surveillance, il se transforme en un repaire idéal pour des individus aux intentions douteuses. »C’est devenu un danger pour nous, » confie un habitant du quartier sous couvert d’anonymat. « On ne sait jamais qui se cache là-dedans une fois le soleil couché. » Consommation de produits illicites, agressions ou simples trafics, le site est désormais synonyme d’insécurité, là où il devait être synonyme de prospérité.

L’urgence d’une réponse

Face à ce spectacle de désolation, le silence des autorités ministérielles devient pesant.

Plusieurs questions restent sans réponse

Pourquoi ce site a-t-il été délaissé après tant d’investissements ?Qui doit rendre des comptes pour ce gâchis ?Et surtout, qu’attend-on pour réhabiliter ces lieux et leur donner une utilité publique ?L’argent du contribuable ne doit pas servir à construire des nids pour la délinquance. À Adjagbo, la population attend désormais que ce bâtiment soit soit achevé, soit réaffecté, pour que cesse enfin ce scandale à ciel ouvert.

Saliou Baguiri

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