CAN 2025 : Le Bénin joue sa qualification demain contre le Sénégal

À quelques heures du coup d’envoi de ce qui s’annonce déjà comme le match le plus électrique de l’année pour le football béninois, l’air de Tanger semble chargé d’une électricité particulière. Demain, mardi 30 décembre 2025, le sifflet de l’arbitre ne marquera pas seulement le début d’une rencontre de football, mais le point de bascule d’une épopée nationale. Face aux Lions de la Teranga, déjà presque assurés de leur place en huitièmes, le Bénin ne joue pas seulement un match de poule : il joue sa crédibilité sur l’échiquier continental.Après un démarrage en demi-teinte qui nous a fait craindre le pire, le sursaut d’orgueil face au Botswana a redonné de la voix aux supporters béninois ayant fait le déplacement. Mais ne nous trompons pas de combat. Le Sénégal, avec ses stars mondiales et son assise tactique, reste la montagne que nous n’avons jamais vraiment réussi à gravir. Le souvenir de 2019 au Caire est encore dans toutes les mémoires : ce quart de finale où le rêve s’était brisé sur un éclair d’Idrissa Gana Gueye. Depuis, le fossé semble s’être réduit, notamment après ce nul encourageant à Cotonou en 2023, mais l’histoire, elle, attend toujours son grand soir. Pour Gernot Rohr, l’enjeu est clair : transformer la solidarité défensive retrouvée de Yohan Roche et Olivier Verdon en une arme de contre-attaque chirurgicale. On sait que les Lions aiment confisquer le ballon, mais ils détestent être bousculés dans l’engagement physique, là où Sessi d’Almeida devra régner en maître. La qualification est à ce prix. Si une victoire nous ouvrirait en grand les portes de la phase finale, un match nul nous obligerait à attendre, le souffle court, les résultats des autres groupes. Mais dans les travées du Stade Ibn Batouta, on ne veut pas entendre parler de calculs d’apothicaire ou de place de « meilleur troisième ».Le Bénin de 2025 a mûri. Steve Mounié et ses partenaires savent que pour entrer dans la légende, il faut savoir terrasser les géants. Demain soir, sous les projecteurs marocains, les Guépards n’auront pas seulement besoin de leurs jambes, mais de cette rage de vaincre qui transforme les outsiders en héros. Le peuple béninois, de Porto-Novo à Parakou, est prêt à vibrer. Reste à savoir si le destin, lui, a choisi de s’habiller aux couleurs du Bénin.
Mathieu H.Agossou




